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Renforcement de la production électrique nationale

Mahamane Sow : « Le groupe Électricité de France a investi entre 200 et 300 milliards de Fcfa dans des projets d’envergure »

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Dans son programme de développement, le gouvernement ivoirien accorde une place de choix au volet de l’électricité. Edf a réalisé d’importants projets pour soutenir ces actions. Peut-on revenir sur certains ?

Le travail accompli par les équipes d’Edf Côte d’Ivoire sur ces 5 dernières années, se traduit par un nombre important de projets d’envergure qui ont été développés. Notamment s’agissant du développement des grands projets d’énergie renouvelable, il y a celui de la centrale à partir de biomasse de 46 MW porté par la société Biovea Energie  dans laquelle le groupe EDF est actionnaire.

Un autre projet renouvelable est en cours de développement, il s’agit d’une centrale solaire photovoltaïque de 30 MW qui sera situé au nord de la Côte d’Ivoire à Kong dans lequel nous sommes partenaire d’une société ivoirienne qui se nomme Africa Via.

EDF développe également d’autres projets de taille plus modeste mais qui ont un fort impact sur les populations ivoiriennes. Notamment celui de l’électrification des zones rurales à travers des solutions hors réseau à partir de kits solaires composés d’un panneau solaire, d’une batterie, de points d’éclairage, de télévision voire d’un ventilateur et de quoi recharger les téléphone. Il s’agit du projet Zeci pour Zola-EDF Côte d’Ivoire qui a déjà déployé ses solutions à crédit dans près de 50 000 foyers. Egalement un autre projet qui sera bientôt mis en œuvre, il s’agit du projet Grino/Sunculture qui consiste au déploiement de solutions de pompage solaires (fonctionnant à l’énergie solaire) pour la cible agricole et d’élevage. Nous intervenons dans le domaine des services énergétiques. Depuis 2019, nous sommes entrés au capital de la société ivoirienne Aric filiale de Conergies spécialisée dans les services de climatisation et de réfrigération industrielle. Nous les accompagnons dans leur développement en Côte d’Ivoire et aussi dans la sous-région.

 

De 2016 à ce jour, à vous entendre vous avez apporté une contribution dans la transition de  secteur énergétique ivoirien. Quel bilan feriez-vous ?

Aujourd’hui, nous pensons que le groupe Edf est  un partenaire majeur de la Côte d’Ivoire dans le développement et dans la transition de son secteur énergétique. Nous portons en Côte d’Ivoire des projets innovants en matière d’énergies renouvelables, d’électrification rurale hors réseau et de services énergétiques. Nous intervenons également dans le domaine de l’ingénieure conseil.

Il faut noter qu’il y a 5 ans j’étais quasiment le seul salarié du groupe en Côte d’Ivoire. Aujourd’hui à travers l’ensemble des activités énumérées, nous recensons plus de 290 salariés directs en Côte d’Ivoire. Le groupe aujourd’hui se satisfait de son bilan et de ses résultats, et nous souhaitons aller encore plus loin. La Côte d’Ivoire est un pays cible dans notre stratégie et restera une priorité. Toutefois la création de cette nouvelle direction régionale s’accompagne de nouvelles responsabilités devant nous conduire à nous développer en Afrique de l’Ouest.

Le groupe français s’emploie à investir dans des secteurs de son domaine. A combien peut-on chiffré ces investissements en Côte d’Ivoire ?

Nous nous focalisons sur d’importants projets de développement d’infrastructures. En particulier, dans le domaine des énergies renouvelables. Le projet biomasse, Biovea, c’est plus de 150 milliards de Fcfa d’investissement. Edf n’est pas seul à investir mais est l’actionnaire majoritaire en s’appuyant sur d’autres partenaires comme Meridiam et Sifca. Nous avons des bailleurs de fonds tels le groupe proparco, l’agence française de développement et le groupe EAIF pour permettre de structurer l’ensemble de cet investissement qui sera réalisé dans trois ans. Une partie du projet a démarré.

Nous sommes aussi impliqués dans le projet solaire. De Kong de 30 MW avec un investissement de plus de 20 milliard de FCFA. Là, nous sommes co-actionnaire avec Africa Via avec un schéma similaire concernant le financement qui impliquera des bailleurs de fonds. Nous avons déjà investi plus de 15milliards de FCFA dans le cadre de nos projets d’électrification rurale hors réseau. Pour vous donner un ordre de grandeur, sur la base des projets en cours sur une horizon de 3 ans avec l’implication de l’ensemble de nos partenaires investisseurs et financiers, le groupe EDF aura contribué à l’implémentation de plusieurs projets dont l’investissement total se situera entre 200 et 300 milliards de Fcfa.

 

Le genre au cœur  de la politique du groupe Edf ?

Nous avons une politique très active sur le genre. Notre ambition est d’aspirer à une parité, toutefois il convient de noter que nous intervenons dans un domaine technique et industriel qui attire plus difficilement les femmes. Il est donc aussi de notre devoir de faire la promotion des métiers de l’électricité afin de susciter dès le parcours académique des opportunités de carrières pour les femmes. Nous nous encourageons à ce qu’il y ait un maximum de femmes qui puissent non seulement suivre des programmes de formation pour pouvoir demain s’impliquer notamment dans les métiers de l’électricité.

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Donc sur la question de présence féminine, au niveau des cadres, nous avons un taux d’environ 30%. Au niveau des agents de maitrise, nous sommes à un taux bien trop faible de 10% de femmes. Nous savons que nous avons beaucoup d’effort à engager pour attirer les jeunes femmes au métier de l’électricité.

D’une filiale à une direction régionale, qu’elle est la différence ?

Beaucoup de choses parce que nous avons déjà des activités dans les autres pays de la sous-région, notamment au Togo et au Sénégal par exemple. D’une part en termes de responsabilité, ça nécessite  pour nous d’avoir la charge d’immédiatement de coordonner l’ensemble de ces activités. De renforcer toutes les fonctions de suivi et de support. Mais nous avons une ambition encore plus forte dans ces pays de la sous-région. Cela va nécessiter de renforcer nos  équipes de développement, de suivi projets. Evidement cela va forcément passer par des recrutements pour tout simplement se donner des moyens des ambitions que nous nous sommes fixées.

La politique de la main-d’œuvre locale voulue par l’Etat ivoirien, Comment celle-ci est pratiquée par EDF ?

Dans les différents projets énumérés, nous avons des partenariats déjà avec des structures locales. Et aussi nous avons une politique qui vise à s’appuyer sur les ressources  humaines locales. Nous tentons de faire venir le moins d’expatriés possible. Sur les 290 salariés, nous avons moins de 10 expatriés. Par ailleurs sur les projets d’infrastructure comme celui de la biomasse et du solaire, nous sommes tenus de nous assurer qu’au moins 30% des marchés de construction seront sous-traités à des entreprises locales.

 

En termes de perspectives, qu’est ce qui est prévu pour toujours rester aux côtés de la Côte d’Ivoire dans sa politique énergétique ?

D’une part, il s’agira pour nous de consolider ce qui est là. Parce que certains des projets énumérés plus haut ne sont pas encore finalisés. Notre premier objectif sera donc de concrétiser la mise en œuvre de ces projets importants comme celui de Biovea (biomasse) et de Kong (solaire). De continuer à élargir le portefeuille projets. Nous avons une ambition très forte dans le domaine de l’hydroélectricité. Aussi, il s’agira pour nous de continuer d’être le pionnier en matière d’électrification hors réseau. Nous avons lancé un programme très ambitieux en matière de pompe qui fonctionne à l’énergie solaire pour se focaliser sur les usages productifs pour la cible agricole et élevage. Nous renforcerons le développement de solutions énergétique pour la cible client des  industries et des commerces. Notamment tous ceux qui souhaitent améliorer leur empreinte carbone mais aussi générer des économies à travers des solutions d’autoconsommation solaire.

EDF dans sa politique de la responsabilité sociétale a posé des actions  en faveurs des populations ?

Le groupe Edf est un acteur responsable et engagé dans la cause sociétale. Nous sommes dotés d’une fondation qui contribue activement aux projets sociétaux en Côte d’Ivoire. Nous avons déjà réalisés avec des Ong et associations des projets d’électrification, notamment dans l’éducation, (écoles primaires et collèges). Nous avons mené des actions de dons pendant la période de Covid avec le don de kits sanitaires à l’endroit d’associations de femmes. Aussi des formations de réinsertion des jeunes dans les zones rurales pour les former aux métiers de l’électricité. Dans le domaine de l’éducation et de la formation, nous réalisé en 2021 une opération de mécénat ayant permis de contribué à la mise en œuvre d’un master spécialisé en énergies renouvelables en partenariat avec INPHB et l’Ecole Polytechnique Paris à travers le financement de 7 étudiants  boursiers. Sur ces 5 années l’enveloppe dépasse largement les 100 millions de Fcfa.

Interview réalisée par Aishaa Maya

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